Un jeune prêtre dont la foi était inébranlable
Prêchait dans le désert lors d’une promenade.
L’idée lui vint alors de refaire le circuit
Que le Christ un beau jour avait fait avant lui.
Si je tiens quarante jours et puis quarante nuits
Je pourrai de l’exploit relever le pari
Je serai le deuxième après deux millénaires
Et nul autre après moi ne pourra le refaire
Il poursuit donc sa route, serein et insouciant
Et s’enfonce tout à coup dans des sables mouvants.
Mais avant que le sable n’atteigne ses mollets
Un camion de pompiers soudain lui apparaît
Voulez vous donc de l’aide dit le gentil sapeur !
Ce n’est pas nécessaire je m’en remets au seigneur
Répondit le pieux homme aux bons soldats du feu
Qui reprirent leur chemin l’abandonnant à Dieu.
Alors qu’il s’enfonce jusqu’à hauteur du tronc
Les sauveteurs revinrent et posent la même question
Inutile dit le prêtre Dieu ne m’abandonnera pas
Et le grand camion rouge redémarre et s’en va.
Cette fois il n’a plus que la tête hors du sable
Mais il garde toujours une foi inexorable
Et quand les sauveteurs une troisième fois
Lui reposent la question, il répond : ça ira !
Sa tête disparaît dans le sous-sol brûlant
Enfoui sous le sable, il meurt en s’étouffant.
Il monte au paradis et se plaint au barbu
De l’avoir abandonné sans l’avoir secouru
Le seigneur l’écoute avec condescendance
Un rien désabusé, par le prêtre, déçu
A trois reprises dit-il je t’ai donné ta chance
Je t’ai envoyé les pompiers mais t’en as pas voulu
Que voulais-tu que je fasse de plus, abruti !!